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Qualité du son et numérique : comment s’y retrouver ?

Mp3, vinyle, CD, hi-fi, compression, basses, aiguës, quand on parle de son et de qualité sonore à l’heure du numérique, beaucoup de gros mots et de grands arguments techniques reviennent systématiquement sur la table. Et pour cause, avec la popularisation des premiers « lecteurs mp3 » de qualité dans la lignée du premier iPod, le son numérique a fait une arrivée fracassante dans notre quotidien. Mais qu’en est-il vraiment de la prétendue infériorité du son numérique et en particulier du mp3 ?

En fait, la bonne question à se poser n’est pas de savoir si le mp3 permet ou non d’entendre tout ce qu’un morceau de musique à offrir. Il faut d’abord se demander s’il est adapté au matériel le plus utilisé pour écouter de la musique (portable, enceintes, casque, ordinateur). Ici pas de doute, c’est oui : le mp3 est le format de son numérique qui est encore aujourd’hui le plus pratique et le plus équilibré. Parce que tout est une question d’équilibre.

ce qu’est vraiment le son numérique. Rapidement on se rend compte que tous les fichiers mp3 ne sont pas égaux, que certains sont de très bonne qualité et d’autre pas du tout. Et manière la plus pratique pour mieux comprendre pourquoi c’est de faire une petite comparaison avec un autre média qui a été révolutionné il y a une quinzaine d’année avec l’arrivée des technologies numériques : la photographie.

Image ou son : on voit tout / on entend tout :

Le son numérique c’est la retranscription d’un signal sonore (une voix chantée ou parlée, un bruit de pas, le pincement d’une corde de guitare) avec des outils d’écriture numérique. Ça ne vous évoque peut-être rien comme ça, mais en c’est en fait assez facile à se représenter. Voyez plutôt :

À gauche on voit le signal pur d’un son blanc (comme celui émis par un métronome électronique par exemple) et à droite le même son écrit par ordinateur de manière mathématique. Ce procédé qui représente l’enregistrement d’un son par du matériel numérique s’appelle le codage. Rassurez-vous, nous n’allons pas vous donner ici un cours d’acoustique numérique avancée. Ce qu’il faut retenir c’est que la qualité d’un son numérique dépend de deux choses : la fréquence d’échantillonnage et le « poids » du fichier numérique (qui s’exprime en bits).

L’image suivante est riche en détails et a une importante profondeur de champs. Sa résolution est 350 ppp (pixels par point).

Voici la même image avec une résolution de seulement 30 ppp :

L’image suivante est riche en diversité des couleurs. Sa palette appelée 24-bits est forte de plus 16 millions de couleurs différentes :

Et voici la même image avec une palette de seulement 16 couleurs :

La fréquence d’échantillonnage d’un morceau au format numérique, c’est sa résolution. Plus elle est importante, plus le signal sonore sera complet. On parle ici de la lourdeur des basses, de la pureté du son aigu des violons, et surtout de la clarté du jeu de chaque instrument que l’on pourra distinguer avec précision. Le « poids » du fichier, ou nombre de bits, c’est comme le nombre de couleur. Plus il y en a, plus on perçoit le timbre de chaque instrument, les petits bruits parasites, les respirations du chanteur, les baguettes frappant la beaucoup d’une caisse claire, le craquement d’un archet sur une corde.

Qu’est-ce qu’on voit ? Qu’est-ce qu’on entend ?

Maintenant que l’on comprend mieux les critères de la qualité d’un son numérique, il faut tout même apporter une nuance : toutes les images sont différentes et tous les morceaux de musique aussi. Comparer un tableau de Léonard de Vinci et un monochrome d’Yves Klein n’aurait pas plus de sens que de comparer une symphonie de Beethoven à une chansons folk de Bob Dylan. On peut aimer les deux, mais on ne peut pas les ranger dans la même catégorie : les détails, les couleurs, le nombre d’instruments, la durée varient trop pour cela.

Ces différences se ressente dans les caractéristiques d’un fichier numérique. Par exemple la résolution des deux images suivantes est très différente, mais le rendu est similaire. Pourquoi ? parce que l’une est chargée de détails (les feuilles, les différents plans, la profondeur de champs) et l’autre est faites de simples lignes sur un seul plan. En termes de son, la première photo pourrait être comparé à une pièce symphonique joué par un orchestre de plusieurs dizaines de musiciens : les instruments vont du très aigu au très grave et tous jouent ensemble. La seconde photo, elle, serait plutôt un morceau de Rodrigo et Gabriela : seulement deux guitares jouent ensemble, la guitare étant un instrument ne pouvant ni jouer très grave, ni très aigu.

De la même manière, le nombre de couleurs différentes varient grandement entre les deux photos suivantes justement parce que l’environnement de la première est très coloré alors que celui de la seconde est un camaïeu de bleu. Ici la première photo correspondrait à une interprétation acoustique de fado portugais : une voix de femme chargée de timbre, rocailleuse et une guitare très expressive au son plein d’aspérité. La seconde photo serait plutôt un morceau de musique électronique avec un clavier numérique au son très simple et une voix compressée pour donner un aspect froid et mécanique à la musique, comme une chanson de New Order.

Ces différences sont fondamentales, et elles permettent de nous poser la bonne question : qu’est-ce qu’on voit ? Qu’est-ce qu’on entend ? Parler de qualité du son est une chose, mais il ne faut pas perdre de vu que la chose la plus importante est la musique ou le podcast que l’on écoute. Deux fichiers ayant exactement les mêmes caractéristiques techniques de fréquence d’échantillonnage et de poids pourront être au choix une magnifique interprétation de bossa nova brésilienne ou un très mauvais enregistrement des Chœurs de l’Armée Rouge.

Comment on voit ? Comment on entend ?

Et concrètement, comment écouter du son de meilleure qualité ? De la même manière que le jpeg s’est imposé comme le format de photo le plus populaire, le son numérique est aujourd’hui indissociable du mp3. Pourquoi ? Parce que ce sont des formats adaptés au matériel qui permet de les lire. Le jpeg comme le mp3 ne sont ni trop lourd, ni trop léger, et sont compatibles avec tous les logiciels les plus couramment utilisés aujourd’hui. Ils permettent de rendre une qualité optimisée de leur contenu, tout en pouvant être partagé facilement sur internet.

La comparaison qui convient le mieux ici, est celle de l’écran (ordinateur, tablette, téléviseur) et de l’enceinte. Les magasins d’électronique sont aujourd’hui pleins d’écran « 4K » vendus comme le dernier stade de l’évolution de l’image vers la haute définition. Mais les spécialistes vous diront qu’un écran aura beau avoir la capacité de diffuser un film en 4K, s’il ne fait pas la taille du mur sur lequel vous l’accrochez, vous ne pourrez pas percevoir toutes les qualités de l’image que cette appellation vous vend. La résolution d’une image est intrinsèquement liée à la taille de cette image. Si celle-ci est toute petite, vos yeux ne pourront de toute façon pas en voir tous les détails.

Pour le son c’est la même chose. Le son d’excellente qualité d’un fichier sonore très volumineux et très peu compressé pourra rendre des détails d’une infinie précision, mais si vos enceintes ne sont pas en mesure de retranscrire tous ces détails, et que vous n’avez pas la possibilité d’écouter de la musique à un volume sonore très élevé, ces petits détails ne manqueront pas de vous échapper.

Tout est une question d’équilibre. Ce qu’il faut ce n’est pas un son parfait (spoiler : cela n’existe pas), mais un son optimisé. Pour le type de fichier, on préfèrera un fichier mp3 de compression 320kbps (le type de fichier lu notamment sur les plateformes de streaming) qui a un rendu de bonne qualité pour un volume assez modique.

Pour le matériel, le plus important est favoriser un constructeur qui aura la volonté de fabriquer une enceinte avec des composants de qualité et un vrai respect du son. L’enceinte optimale sera toujours celle conçue pour coller au maximum au rendu du morceau voulu par l’artiste est le producteur. Elle doit être capable de lire le fichier de la manière la plus pure, sans imposer ses caractéristiques techniques (lourdes basses, aigus perçants) à vos morceaux de musique préférés.

C’est cette manière de concevoir les enceintes et le son que nous privilégions chez Craft n’ Sound. C’est l’un de nos principaux engagements. Mais nous aurons l’occasion d’y revenir plus en détail dans un prochain article.

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